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Entretien avec Jean-François Gabilla, Président de la fédération des promoteurs-constructeurs (FPC)
Jean François Gabilla : Entre 1965 et 2006, les promoteurs-constructeurs de la FPC ont produit près de 4 200 000 logements dont plus d'un million avec le bénéfice des aides de l'Etat. En 2006, le chiffre d'affaires réalisés par les adhérents s'élevait à 35,3 milliards d'euros répartis en 27,2 milliards d'euros pour le logement, 6,2 milliards pour l'immobilier d'entreprise et 1,9 milliard pour les autres produits tels les résidences de tourisme, les résidences avec services... ce qui représente 75 % de la production de logements diffus.
SeLoger Neuf : Quel rôle joue la fédération auprès de ses adhérents qui semblent affluer depuis quelques années ?
Jean François Gabilla : En effet le nombre d'adhérents a sensiblement augmenté en trois ans, passant de 230 à 500. C'est dire que faire parti de la FPC se fait de plus en plus ressentir auprès des promoteurs-constructeurs. Et cela pour diverses raisons : formation dans un environnement d'urbanisme, de développement durable, de droit et de fiscalité de plus en plus complexe, partage d'expériences, défense des membres et sur un plan local, par le biais des diverses chambres, une représentation auprès des collectivités.
SeLoger Neuf : En tant que président de la FPC, quelle analyse faites-vous de l'année 2007 ?
Jean François Gabilla : Globalement, l'année 2007 aura été un bon crû avec la vente de 127 000 unités, soit un niveau équivalent à celui de l'année 2006. Toutefois, depuis le second trimestre 2007, le volume des ventes s'inscrit dans une dynamique moins favorable. Les délais d'écoulement augmentent passant de 6,4mois au troisième trimestre 2006 à 9,1 mois au troisième trimestre 2007. Les mises en ventes, même si elles décélèrent légèrement restent supérieures aux ventes. Dès lors, l'offre commerciale, constituée de logements en cours de construction, de logements en projet et de logements achevés, continue à progresser pour atteindre 94 630 ventes, soit une hausse de 6,8 % par rapport au second trimestre 2007 et de 35 % sur un an. Ce qui représente environ neuf mois de vente. Mais ce qui ne peut en aucun cas se comparer à la situation de 1992 où l'offre dépassait 18 mois.
SeLoger Neuf : Et que pressentez-vous pour 2008 ?
Jean François Gabilla : En 2008, il est probable que le marché accuse un ralentissement et les ventes stagneraient entre 110 000 et 115 000 unités. Moins qu'en 2007, mais mieux qu'en 2004 et qu'en 1980. Plusieurs raisons peuvent expliquer cet éventuel infléchissement du marché. D'une part, la crise des « subprimes » qui amène les banques à se monter plus rigoureuses quant à l'octroi des crédits et qui se traduit, pour les promoteurs mais aussi pour les autres acteurs du logement par des désistements de la part des clients potentiels. D'autre part, la hausse des prix de vente conjuguée à la remontée des taux d'intérêt a dégradé la solvabilité des acquéreurs de résidence principale et a réduit la rentabilité des investisseurs privés. Donc, on peut pronostiquer un ralentissement de l'activité, mais en aucun cas, un effondrement du marché comme en 1992, les fondamentaux n'étant pas les mêmes. D'autant que désormais, les professionnels peuvent réagir très vite en réduisant les opérations tant que les travaux ne sont pas démarrés. Cet ajustement rapide de l'offre à la demande permet d'éviter de stocker des logements terminés et non vendus.
SeLoger Neuf : Côté prix, quels pronostics ?
Jean François Gabilla : Les prix des logements neufs dépendent en grande partie des coûts de construction et de la valeur du foncier. Tant que les propriétaires fonciers ne seront pas devenus raisonnables et tant que la pression sur les matières premières de la construction perdure, les prix continuent à grimper. S'y ajoutent également le coût de la réglementation toujours plus importante et celui du développement durable. Sur ce dernier point, même si l'acquéreur fait un retour sur investissement à long terme, il est évident que tant que les équipements, les appareils et les matériaux ne sont pas produits en grande série, il y a, à l'entrée, un surcoût.
SeLoger Neuf : En ce début d'année 2008, quelles sont les réformes que la FPC attend et soutient de pied ferme ?
Jean François Gabilla : Parmi les nombreuses propositions faites aux pouvoirs publics, nous demandons le maintien des dispositifs Robien et Borloo qui permettent la vente aux investisseurs de 60 000 logements par an et donc la mise en location de ces logements. Par ailleurs et nous soutenons en cela la volonté du Président de la République, nous souhaitons la mise en œuvre de la dissociation entre l'achat du logement et du terrain afin que les ménages les plus modestes puissent accéder à la propriété.
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